Quand les soldats de la République ouvraient à coups de hache les portes des églises.

L’oustal de Charles Condamines.

 Les Tourrettes furent et sont peut-être encore un peu, l’oustal de Charles Condamines. « L’oustal, la maison en occitan, c’était une ferme et une famille emmêlées ; un bloc de pierres, de terre, de bétail et de sang durci par les siècles et dont le catholicisme était le ciment.»

 

Au moins depuis le mitan du dix-septième siècle, les registres en font foi, ce sont des Antoine Condamines qui ont été les propriétaires des Tourrettes (ou Tourrelles ou Torretas). Ils sont tous nés et ont rendu l’âme entre ces murs.

 

Parce qu’elle a emporté l’ainé de la famille, la guerre de quatorze a détraqué cette reproduction.

 

La maman de Charles Condamines ne se rendra à l’hôpital que pour l’accouchement de sa dernière fille, en 1946.

Plus d'églises paroissiales que de mairies

Jusque dans les années soixante il y avait en Rouergue, plus de paroisses que de mairies. Plus de curés que d’instituteurs et plus de bonnes sœurs que d’infirmières ou d’institutrices.Par exemple, en 1950, la commune de Saint Juèry (environ 500 habitants) compte trois paroisses : Saint Juèry donc, + Ennous + Farret. Chacune a un curé à plein temps. Dans son église, il célèbre une messe tous les jours de la semaine et deux le dimanche.

A partir de 1980, il n’y a plus aucun curé dans la commune. Pour en trouver un, les pratiquants doivent parcourir une dizaine de kilomètres et il s’agit de plus en plus souvent d’un prêtre originaire d’Inde ou d’Afrique.

Entre temps il est vrai, la population de la commune est tombée à 320 habitants.

Au niveau du diocèse –ses limites coïncident avec celles du département- et entre 1960 et 2010 sa population est à peu près reste la même (autour de 280.000hbts), le nombre de paroisses a été divisé par dix (350 à 36). Et selon les estimations de l’évêque en personne « plus d’une centaine de prêtres ont entre 75 et 95 ans, et une vingtaine seulement moins de 65 ans aujourd’hui » (Le O6/01/2016). Une vingtaine en comptant ceux qui sont originaires d’Afrique ou d’Asie.

En 2017, le diocèse compte un seul séminariste. En 1958, quand Charles Condamines y est entré, il y avait au grand séminaire plus de 80 élèves.

 

Une famille nombreuse et catholique

Irénée Condamines et Germaine Puech se sont mariés à Martrin dans le sud Aveyron, le 27 Juin 1925. Elle avait 22 ans et lui 23.

 

Tous deux agriculteurs, ils ont eu 13 enfants nés vivants. 2 sont morts en bas âge. 3 des 6 garçons (dont Charles) sont entrés dans les ordres ; aucun n’y est resté.

 

Le voyage de noces à Lourdes fut reporté au mois de Septembre, après la moisson.

Une famille paysanne endimanchée

En haut à gauche : Irénée Condamines (le papa de Charles), Pierre Rayssac, Ernest Condamines, Antoine Condamines et Pierre Terral. Au second rang : Germaine Condamines (épouse d’Irénée), sa soeur Marie Puech, Maria Rayssac et Anastasie Terral.

Antoine Condamines (le grand père de Charles) a eu 8 enfants : la guerre de 14 lui en a pris deux (dont un séminariste) et deux de ses filles sont entrées au couvent. Maria, Anastasie, Ernest et Irénée sont sur la photo.

Outre sa sœur Marie présente sur la photo, la maman de Charles avait deux frères dont un prêtre (le « tonton Jean »)

(La photo date de 1928 )